" Si tu parles à ton ombre de temps en temps. Si tu aimes la marée basse, mon enfant mon enfant. Le soleil sur la terrasse et la lune sous le vent. Si l'on perd souvent ta trace, dès qu'arrive le printemps. Si la vie te dépasse, passe mon enfant. Ce n'est pas ta faute, c'est ton héritage. Et ce sera pire encore, quand tu auras mon âge. Ce n'est pas ta faute, c'est ta chaire ton sang. Il va falloir faire avec, ou plutôt sans. Si tu oublies les prénoms, les adresses et les âges, mais presque jamais le son d'une vois, d'un visage. Si tu aimes ce qui est bon, si tu vois des mirages. Si tu préfères Paris, quand vient l'orage. Si tu aimes les goûts amers, et les hivers tout blancs. Si tu aimes les derniers verres, les mystères troublants. Si tu aimes sentir la terre et jaillir le volcan. Si tu as peur du vide, vide mon enfant. Ce n'est pas ta faute, c'est ton héritage. Et ce sera pire encore, quand tu auras mon âge. Ce n'est pas ta faute, c'est ta chaire ton sang. Il va falloir faire avec, ou plutôt sans.Si tu aimes partir avant, mon enfant mon enfant. Avant que l'autre sévère, avant qu'il te laisse en plan. Si tu as peur du sommeil et que passe le temps..."